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S’installer au Québec : bilan d’un parcours de cinq ans entre études, emploi et adaptation

Étudiante immigrante installée au Québec préparant son parcours professionnel

Études collégiales, premiers emplois, déménagements et intégration professionnelle : les repères concrets d’un parcours d’installation au Québec.

S’installer au Québec ne se résume pas à l’arrivée sur le territoire. Entre le choix d’une formation, les premiers emplois, les déménagements, l’adaptation au climat et la construction d’un réseau, le projet se dessine progressivement. Un parcours commencé en mai 2016 depuis le Congo, avec une installation initiale dans le nord du Québec, illustre les ajustements qui peuvent jalonner les premières années.

En cinq ans, ce cheminement a notamment conduit à une formation collégiale en soins infirmiers, à la réussite de l’examen professionnel requis pour exercer au Québec, puis à la poursuite d’études universitaires en parallèle d’un emploi. Il rappelle surtout qu’un projet d’installation se construit souvent par étapes et qu’il peut évoluer selon les formations accessibles, les possibilités de travail et les choix personnels.

Arriver au Québec et découvrir les réalités d’une région éloignée

L’arrivée a eu lieu à Montréal en mai 2016, avant un déplacement vers une ville située au nord du Québec. Même à la fin de l’hiver, la neige était encore présente. Dans certaines régions éloignées, l’hiver peut commencer plus tôt et se prolonger davantage que dans les grands centres : ce paramètre peut avoir des conséquences très concrètes sur les vêtements, les déplacements et le quotidien.

La première expérience de froid a été particulièrement marquante : une sortie automnale, en t-shirt, sweat-shirt et baskets, a coïncidé avec les premières chutes de neige. Cette situation montre l’intérêt de prévoir des vêtements adaptés avant l’arrivée de l’hiver. L’adaptation au climat ne relève pas seulement du confort ; elle fait partie de l’organisation pratique des premiers mois.

Le choix de la ville d’installation peut aussi influencer les études. Les universités et programmes ne sont pas répartis de manière identique sur tout le territoire québécois. Dans ce parcours, la formation initialement envisagée n’était pas proposée dans la région d’arrivée. Il a donc fallu réfléchir à une autre voie et considérer une formation collégiale.

Pour les personnes qui préparent un projet académique, il est utile de distinguer clairement l’admission dans un établissement, les démarches provinciales applicables au Québec et la demande de permis d’études. Le déroulement général est présenté dans notre guide sur les étapes pour étudier au Canada, de l’admission au permis d’études. Les conditions et documents demandés peuvent évoluer : il convient de vérifier les exigences auprès des autorités compétentes et de l’établissement choisi.

Les premiers emplois : apprendre, s’adapter et gagner en autonomie

Avant de commencer les études, une période de réflexion a permis de clarifier l’orientation professionnelle. Des emplois dans la restauration rapide ont aussi constitué une première expérience de travail au Québec : d’abord en cuisine, puis à la caisse.

Ce type d’emploi peut confronter rapidement à de nouveaux repères linguistiques et culturels. Le vocabulaire des produits, les échanges avec la clientèle et les commandes en anglais ont demandé un temps d’adaptation. L’expérience en cuisine a facilité la compréhension de l’organisation du travail, tandis que le poste à l’accueil a permis d’acquérir progressivement du vocabulaire anglais lié aux commandes.

Un premier emploi ne détermine pas nécessairement la suite d’un parcours, mais il peut aider à se familiariser avec le marché du travail local, les habitudes de communication et un rythme professionnel différent. Pour structurer une recherche d’emploi au Canada, le mode d’emploi du Guichet-Emplois canadien présente un outil national permettant de consulter des offres et de cibler des métiers.

Changer de projet d’études sans abandonner son objectif

Le souhait initial était de travailler dans le domaine de la santé, avec l’idée de devenir médecin. Les contraintes liées à la disponibilité des programmes ont conduit à envisager les soins infirmiers. Au Québec, le cégep, ou collège d’enseignement général et professionnel, a alors constitué une voie de formation retenue.

Après une période de cours généraux, l’accès au programme de soins infirmiers a toutefois été retardé : la cohorte attendue dans la première ville ne pouvait pas ouvrir faute d’un nombre suffisant d’étudiantes. Au lieu d’attendre une année supplémentaire, le choix a été fait de rejoindre une autre ville, située à environ deux heures et demie de route, afin de commencer la formation.

Cette étape rappelle l’importance de vérifier non seulement l’existence d’un programme, mais aussi sa fréquence d’ouverture, son campus de rattachement et les conditions réelles d’accès. Le lieu des études a aussi des effets sur le logement et le budget. Les dépenses quotidiennes peuvent s’accumuler rapidement au Canada ; notre article pour comparer le budget et le quotidien des études au Canada aide à identifier les principaux postes à anticiper.

Étudier en soins infirmiers : une formation exigeante

Le programme de soins infirmiers a duré trois ans. Il comprenait des cours généraux, notamment en anglais, français, éducation physique et philosophie, ainsi que des matières liées à la santé telles que la biologie et les soins de plaies. Les laboratoires et les stages faisaient également partie du cursus.

Les stages ont été décrits comme la partie la plus difficile de la formation, notamment en raison du stress et de la peur d’échouer. Cette difficulté n’empêche pas d’avancer, mais elle souligne l’importance de rechercher des méthodes d’organisation et du soutien lorsque la pression s’installe. Des pistes concrètes sont proposées dans notre article consacré à la façon de gérer le stress pendant un stage en soins infirmiers.

La formation collégiale s’est achevée en mai 2020. Après cette étape, l’examen de l’ordre professionnel a été passé lors de la première session disponible mentionnée, avec des résultats obtenus quelques semaines plus tard, en octobre. La réussite de cet examen a permis l’inscription au tableau de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et l’exercice de la profession infirmière.

Les règles d’accès à une profession réglementée dépendent du métier, du diplôme et de la situation de chaque personne. Elles peuvent être modifiées. Avant d’entreprendre une formation ou de demander une reconnaissance professionnelle, il faut consulter directement l’ordre concerné, l’établissement de formation et les autorités compétentes.

Travailler tout en poursuivant des études universitaires

Après le cégep, le projet s’est poursuivi à l’université avec l’objectif d’obtenir un baccalauréat et d’évoluer vers la profession d’infirmière clinicienne. Durant l’été, une expérience comme candidate à l’exercice de la profession infirmière a été acquise dans un milieu de soins de longue durée.

Un déménagement à Chicoutimi a ensuite permis de poursuivre cette trajectoire. Le parcours associe désormais emploi en centre hospitalier universitaire et études universitaires. Cette combinaison demande une planification réaliste : charge de cours, horaires de travail, temps de repos et priorités personnelles doivent être regardés ensemble.

Pour les étudiants internationaux ou les nouveaux arrivants, la réussite universitaire passe souvent par l’autonomie et la régularité. Notre dossier sur les exigences et méthodes des études universitaires au Canada détaille les repères utiles pour mieux comprendre le rythme des sessions et le travail personnel attendu.

Vie personnelle, réseau social et sentiment d’intégration

En cinq ans, trois déménagements ont marqué ce parcours : de la première ville d’installation à la ville des études, puis à Chicoutimi. Chaque changement de lieu suppose de recréer des repères, de trouver un logement et d’élargir progressivement son réseau.

Les études ont notamment permis de rencontrer des camarades de formation, tandis que la vie personnelle s’est enrichie d’une relation amoureuse. L’expérience est décrite comme globalement positive, avec le sentiment de se construire à la fois comme professionnelle et comme personne.

Concernant les relations avec les autres, ce témoignage personnel ne rapporte pas d’expérience directe de discrimination à l’emploi liée à la couleur de peau. Il reconnaît cependant que d’autres personnes peuvent vivre des réalités différentes. Certaines interactions ont révélé de la curiosité ou une méconnaissance du Congo et de l’Afrique centrale, notamment sur l’existence de la langue française et d’infrastructures telles que les aéroports.

Face à ces situations, expliquer son pays, sa langue et son histoire peut parfois contribuer à corriger des idées reçues. Cela ne signifie pas que chacun doit se sentir tenu de le faire. Préserver son équilibre, se connaître et s’entourer de personnes respectueuses restent des repères importants dans tout projet d’installation.

Ce qu’il faut retenir d’un parcours de cinq ans au Québec

Un projet d’immigration peut changer de forme sans perdre son objectif initial. Ici, l’impossibilité d’accéder au programme souhaité dans la première région a conduit à une réorientation vers les soins infirmiers, puis à un déménagement pour intégrer la formation. Les premiers emplois ont favorisé l’apprentissage de nouveaux codes, tandis que les études ont ouvert une insertion professionnelle dans le domaine de la santé.

Le bilan met également en évidence quatre points : anticiper les contraintes régionales, accepter que le parcours prenne du temps, vérifier les conditions d’admission et d’exercice auprès des organismes compétents, et ne pas négliger l’adaptation personnelle. Il n’existe pas de parcours unique pour s’installer au Québec, mais une préparation concrète et des ajustements progressifs peuvent aider à donner de la cohérence au projet.

Questions fréquentes

Peut-on changer de programme après son arrivée au Québec ?

Oui, un projet d’études peut évoluer selon les programmes accessibles, les admissions et les objectifs professionnels. Il faut toutefois vérifier les conditions de l’établissement, les exigences liées au statut d’étudiant et les démarches applicables à sa situation.

Les programmes sont-ils accessibles partout au Québec ?

Non. L’offre de formation varie selon les villes et les régions. Certains programmes peuvent être absents dans une région éloignée ou ne pas ouvrir une cohorte chaque année. Il est donc utile de vérifier le campus, la fréquence d’admission et les possibilités de logement avant de s’engager.

Un premier emploi peut-il aider à s’intégrer au Québec ?

Il peut constituer une occasion de découvrir les habitudes de travail locales, de développer son vocabulaire et de gagner en autonomie. Son utilité dépend toutefois du projet, du rythme d’études et de la situation personnelle de chacun.

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